Lootbox & microtransactions : quand les politiques s’emparent du sujet

Lootbox & microtransactions : quand les politiques s’emparent du sujet
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Les polémiques entourant l’usage récurrent des microtransactions, et plus particulièrement des lootbox, ces fameuses boites de butins au contenu aléatoires, et souvent payantes en argent réel, ne sont pas prêtes de s’apaiser. Pour preuve, les propositions de lois des législateurs de l’état d’Hawaï aux Etats-Unis d’Amériques visant à restreindre, voir interdire les ventes de certains jeux. Explications…

Lootbox & microtransactions : quand les politiques s'emparent du sujet

Electronic Arts va faire payer à tous l’usage abusif du système de microtransactions et de lootbox. Si au début cela ne semblait concerner que l’éditeur et sa licence Star Wars Battlefront, il se trouve que la polémique s’est étendu au delà de la micro-sphère gaming. Star Wars Battlefront 2, à l’origine de cette polémique, fait payer à tous le prix de sa gourmandise.

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Quand les gouvernements s’intéressent aux microtransactions et aux lootbox

C’est ainsi que l’Allemagne a demandé un rapport concernant l’usage des lootbox dans les jeux vidéos, et que d’autres pays commencent à vouloir mettre leur grain de sel quant à leur utilisation supposée abusive. Et dans le fond, ils n’auraient pas tord de s’en mêler. Jusqu’à présent, les éditeurs avaient le champ libre pour déployer ce système interne de microtransactions, mais depuis les histoires qui ont secouées tout ce petit monde, les politiques décident d’entrer dans la danse afin de mettre un frein à ce qui s’annonçait pour les éditeurs comme une poule aux œufs d’or.

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Aux Etats-Unis, c’est le démocrate Chris Lee, de l’état d’Hawaï qui s’exprime sur le sujet et soumet, dans une conférence de presse tout ce qu’il y a de plus sérieuse, les recommandations de ses pairs afin de limiter l’usage des lootbox dans les jeux vidéos. Ainsi, il souhaiterait que les éditeurs affichent sur leur boite de jeu des avertissements visant à prévenir les joueurs de la présence de lootbox dans le jeu, et, souhaitant aller plus loin dans cet prévention, d’ajouter également les taux de drop des butins présents dans ces lootbox.

A cela s’ajouterai un interdiction de vente de ces fameux jeux à lootbox aux mineurs, quand d’autres préconisent une interdiction de ventes pour les moins de 21 ans. Notons que si les jeux à lootbox sont interdit à la vente aux moins de 21 ans, cela les ferait tomber au même niveau que l’alcool, interdit pour cette même tranche d’âge… De plus, Chris Lee désigne les jeux usant de lootbox, et particulièrement Star Wars Battlefront 2 de Casino et critique de manière virulente les lootbox :

Un casino en ligne sur le thème de Star Wars conçu pour inciter les enfants à dépenser de l’argent, c’est un piège. – Chris Lee

Chris Lee précise également travailler avec d’autres états, et d’autres pays afin de généraliser les sanctions et contraintes liées aux jeux usant de lootbox, qui sont considéré comme des manière perverses et prédatrice de contraintes les jeunes à dépenser de l’argent dans un jeu vidéo, qu’ils ont par ailleurs, déjà payé. En gros : merci de ne pas faire payer aux joueurs un contenu pour lequel ils sont sensé payer quand ils achètent leur jeu.

La démarche n’est pas inintéressante, mais elle pourrait ne pas voir le jour, en effet, les éditeurs ne se laisseront pas faire, cependant, Chris Lee mise sur un effet boule de neige, ainsi si certains gros éditeurs acceptent de se plier au jeux, les autres devront suivre, inévitablement. Pas sûr que cela plaise à certains… 

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En parallèle, la sénatrice Maggie Hassan a écrit un courrier à la Présidente d’Entertainment Software Ratings Board, une organisation qui vise à évaluer les jeux vidéos. En gros, c’est cette organisation qui décide de la tranche d’âge à laquelle correspond le jeu. L’équivalent de notre PEGI 12 par exemple.

La prédominance des microtransactions dans le jeu, souvent appelées » boîtes à butin « , soulève plusieurs inquiétudes quant à l’utilisation de principes psychologiques et d’une mécanique alléchante reflétant celles des casinos et des jeux de hasard […]. J’exhorte également le conseil à examiner si la conception et la commercialisation des boîtes de butin dans les jeux destinés aux enfants sont menées d’une manière éthique et transparente qui protège adéquatement les esprits en développement des jeunes enfants contre les pratiques prédatrices. – Sénatrice Maggie Hassan

Microtransactions et Lootbox : une poule aux oeufs d’or bien gardée par les géants du secteur

Les politiques pourraient ne pas arriver à grand chose face à des géants de l’industrie que ne sont pas forcément disposés à s’émanciper de cette source de revenu non négligeable. Pour rappel, les microtransactions, incluant les lootbox, ont générées plus de 22 milliards de dollars ! Qui voudrait s’asseoir sur une telle somme ? Personne, et surement pas Electronic Arts qui allait même jusqu’à affirmer récemment qu’il avait le plein soutien de Disney, propriétaire de la marque Star Wars, au sujet du retour des microtransactions. Une affirmation qui pourrait être démentie si les rumeurs entourant le transfert de la licence Star Wars à Ubisoft ou Activision se concrétisent. Electronic Arts, le mauvais élève de l’année donc, entreprise la plus détestée des USA, devant Monsanto, pourrait perdre son pari, et ce, malgré le retour en grâce de ses actions suite à l’annonce de l’éventuel retour des microtransactions.

Lootbox & microtransactions : quand les politiques s'emparent du sujet

Projection des revenus générés par les microtransactions

De plus, les concurrents d’Electronic Arts semblent avoir mieux compris la leçon que lui et battent la mesure avec des annonces comme celles de Monster Hunter World de Capcom qui annonce ne pas mettre de système de lootbox et de microtransactions dans son jeu, ou encore Bandai-Namco qui annonce des lootbox ingame pour Dragon Ball FighterZ mais achetable avec de l’argent fictif que les joueurs gagnent en remportant des combats, ou encore Sea of Thieves de Rare qui dit clairement qu’il n’y aura JAMAIS de lootbox, mais des microtransactions de l’ordre de l’amusement. A l’opposé on a Activision qui développe une IA qui servirait à déceler les moment opportuns pour envoyer une petite annonce au joueur pendant sa partie afin de l’inciter à acheter certains contenus pour améliorer ou facilité sa progression, et les jeux à venir qui restent frileux quand on aborde le sujet… bref, les microtransactions font mouche, et demeurent un sujet délicat à aborder avec les éditeurs de jeu qui voient en elles une source de revenu colossale, mais qui cherchent en même temps à justifier leur usage.

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Mais nous nous souvenons d’un temps, où jouer était un plaisir et où le prix du jeu suffisait à justifier son contenu. Un temps où certains utilisaient les microtransactions, déjà, mais surtout un temps où vous n’étiez pas obligé d’en passer par là pour profiter d’un jeu qui venait de sortir. En somme, on peut espérer que les gouvernements vont se réveiller et appuyer sur le problème pour contraindre les éditeurs à changer leurs pratiques, mais plus encore, il faudrait que les joueurs cessent de les utiliser à outrance, mettant ainsi un frein aux entrées d’argent issues des lootbox et des microtransactions.

Sources – Hawaii Tribune HeraldGlixel

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