Est-ce que la série Spriggan de Netflix vaut le détour ?

Mise en ligne le lundi 27 juin 2022 à 16:00 Par Denily
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Spriggan, un manga d'action de 1989, a été animé en Original Net Animation de six épisodes sur Netflix. Mais ce mélange de 2D et de 3D est-il assez percutant ?

Thumbnail Est-ce que la série Spriggan de Netflix vaut le détour ?

Pour un tel "monument", comme le prétend la bande-annonce, Spriggan est une série qui est considérablement plus niche que les autres renaissances d'animes de ces derniers temps. Ceci étant dit, il suit les traces de Berserk 2016, le nouveau Ghost in the Shell, ainsi qu'Ultraman et prend le train en marche de l'anime 3D.

Spriggan a commencé comme manga en 1989 avant son adaptation cinématographique de Studio 4° en 1998, souvent loué pour son sakuga et ses scènes d'action. L'histoire suit Yu Ominae, qui travaille pour la société Arcam en tant que "Spriggan" pour protéger d'anciens artefacts des organisations mondiales qui veulent les utiliser égoïstement. Le manga original a été lourdement censuré lorsqu'il a été amené aux États-Unis pour la première fois, principalement pour ses sentiments anti-américains, éléments qui sont beaucoup moins censurés dans cette nouvelle adaptation. La série n'hésite pas à présenter les militaires américains et russes comme des antagonistes, et dans le cas de l'Amérique, c'est rafraîchissant à voir. Mis à part le sentiment anti-américain, il n'y a pas beaucoup plus de risques pris.

L'histoire et les personnages

En seulement six épisodes, Spriggan pourrait facilement avoir l'air bâclé ou trop court, mais au contraire la série parvient à tirer pleinement parti de son format. Chaque épisode est plus long qu'une émission de télévision classique et raconte une histoire indépendante centrée sur un artefact ou un mythe particulier lié aux cultures du monde entier. Les légendes à travers l'histoire sont recontextualisées sous la forme d'une technologie avancée de ceux qui les ont précédés ou de ce qui semble être de la magie pure. En ce sens, cette série n'a pas pour objectif de raconter un long récit, mais seulement une série d'histoires complètes qui ont plus de place pour respirer que dans un anime télévisé.

Yu Ominae ressemble et agit exactement comme nous pouvons espérer d'un protagoniste des mangas de la fin des années 80/début 90. Un jeune homme avec des cheveux noirs hérissés qui reste cool et un sens de l'humour présent même au coeur de la bataille. Il est aussi toujours au lycée, ce qui en fait un candidat idéal pour réaliser ses souhaits au sens le plus classique du terme, quittant l'école pendant de longues périodes pour partir en mission de sauvetage. Les personnages secondaires sont colorés et variés, chaque épisode semblant avoir un deutéragoniste sous la forme d'un nouveau personnage secondaire, qu'il s'agisse d'un étranger ou d'un autre Spriggan. Le premier est un archéologue amené à aider sur une affaire, qui a un passé lié à Yu. Le suivant est Jean Jacquemond, un Spriggan français avec ses propres superpouvoirs.

Ces personnages secondaires se situent entre l'impressionnant (bien qu'un peu unique) et l'oubli. Pire, ils ne jouent pas de rôle en dehors de leur épisode individuel, sauf pour Yoshino qui apparaît dans deux d'entre eux. En parlant de Yoshino, c'est une chasseuse de trésor indépendante et têtue qui se heurte à Yu lors de ses missions.

Pensez à Indiana Jones, mais aussi problématique que l'étiquette Twitter : c'est Yoshino. "Problématique" est utilisé ici de manière plus amusante que sérieusement. Elle est cool, même si occasionnellement ennuyeuse, ce qui rend l'exaspération de Yu à son égard beaucoup plus amusante. Dans l'ensemble, les personnages remplissent le rôle d'acolytes et disparaissent ensuite. Si l'on devait deviner, les introductions de personnages ont été faites de cette manière afin qu'une suite puisse rassembler les personnages dans un récit plus long. La saison se termine par un cliffhanger, impliquant de nouveaux dangers, qui pourraient conduire à une narration plus connectée et au retour des personnages dans la saison 2.

Le message de Spriggan

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Il serait difficile d'imaginer consommer l'histoire de Spriggan, censurée comme elle l'était à l'époque. La série est, en effet, bien plus anti-gouvernementale que simplement anti-américaine. Les gouvernements du monde entier essaient tous d'avoir la main sur les anciens artefacts pour se renforcer. La série place le label "d'antagoniste" sur la nature humaine, plutôt que quelque chose d'ancien ou des aliens.

Yu est sans cesse mis au défi de savoir si Arcam, son organisation, est dans le vrai ou non et ce qu'il serait prêt à faire si sa mission s'avérait être un mensonge. Malgré cette possibilité, Yu reste fort et jure que si une telle chose arrivait, il détruirait Arcam lui-même.

Spriggan retire les masques et va jusqu'à affirmer qu'il n'y a pas de gouvernement dans le monde qui agirait égoïstement. La série propose la conception que les protagonistes sont les bonnes personnes qui veulent protéger l'humanité d'elle-même. Elle remet en question la notion de justice, d'intégrité des groupes organisés et des gouvernements, le tout au service d'un message selon lequel ce sont les gens qui méritent vraiment d'être protégés.

L'animation

Le CGI des premiers trailers donne l'impression que la série entière sera animée dans un tel style. Cependant, les trailers récents, démontrent une animation magnifique dessinée à la main. Finalement, ce sont les images de synthèse qui ressortent le plus, ce qui est regrettable compte tenu des progrès réalisés dans ce domaine. Le style utilisé ici a ses propres difficultés, qu'il s'agisse de la rigidité des modèles de personnages ou de la coloration qui détonne avec le reste de l'art.

Le plus gros problème est la cohérence et où elle est utilisée. Presque aucun autre personnage est fait en images de synthèse de la même manière que Yu, à l'exception de son dernier ennemi. On pourrait penser que l'image de synthèse est réservée pour les personnages portant des combinaisons de pointes, mais elles sont également utilisées pour des soldats génériques portant un équipement militaire standard.

Si c'est un choix stylistique, le style pâli en comparaison de l'animation dessiné à la main pour Yu et les autres personnages. Si c'est une contrainte, c'est dommage, car ce qui est dessinée à la main dépasse de loin l'animation 3D rien que dans les storyboards. Pour les spectateurs septiques du CGI, cette série ne fera pas grand-chose pour les dissuader de leur scepticisme.

L'esthétique

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Spriggan répond à un besoin particulier, en ce sens qu'il s'agit du rêve d'un otaku militaire, plein d'esthétique militaire tactique qui enveloppe le principe parfois fantastique. Cette approche influence bien l'action et ajoute un dialogue occasionnel qui rappelle le gun porn des œuvres de Hideo Kojima, où l'armement bénéficie de plans glamour. L'esthétique est très probablement ce qui a attiré les spectateurs vers cette série, tout comme les clips du film de 1998 ont circulé. À cet égard, cette série réussit à offrir de l'action lisse et explosive, mais ces éléments sont bien plus forts lorsque l'art et l'animation sont cohérents et le CGI sont réduites au minimum.

Malheureusement, les images de synthèse de Spriggan ne sont pas vraiment un atout, ni le hemlock qui tue la bête. L'animation 3D est, au mieux, quelque chose de toléré, car le reste est beaucoup mieux et fun. L'épisode 5 est entièrement en 2D et, à part quelques incohérences, cet épisode était l'un des meilleurs visuels. Si Spriggan continue, il faudra sérieusement se demander s'il continuera à mélanger la 2D et la 3D et si la série se rangera pleinement d'un côté. Les deux extrêmes comportent leurs propres risques, mais l'un ou l'autre donnerait l'impression de prendre plus de risques et de s'engager dans une vision unifiée.

Spriggan est disponible sur Netflix.

Traduction - GameRant

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